Mais il faut bien dire que boire des binouzes en fumant des tiges ne me deplait pas non plus, surtout au comptoir.
Fumeur ou non fumeur, que se passe-t-il aujourd'hui sur nos comptoirs ?Il y a toujours les memes piliers bavards, les memes rigolards, les memes buveurs de monaco, les secheurs de fut, les virtuoses du pastis, les soiffards du vendredi soir, et les café-pas-clope.
Pas clope... car la seule chose absente est bien cette vieille schmere, celle qu'on s'allumait autrefois sans se poser de question, au comptoir, alors que le patron amenait la petite soeur. Ou celle qu'on filait au vieux copain retrouvé la par hasard, avec qui on se regarde d'un air entendu qui veut dire : "j'ai soif".
On sent à présent l'odeur moisie du lambri pourri des PMU, l'haleine vinasseuse du poivrot du coin, on distingue parfaitement la moustache naissante des siroteurs prépubères de panaché, a plus de 5 tireuses de distance.
La ou un bar fumeur pourrait, dans le nuage nicotiné normalement dense, faire passer Paul Amar avec des gants de boxe pour Steeve Mac Queen avec un casque.
En meme temps, je n'y suis plus souvent, voire plus du tout, dans les bars. Sans doute les fumeurs de pintes ont-ils suivi le meme chemin, pour cause de plus de clope, de plus le temps, ou je ne sais quoi.
La plupart continueront en tout cas a connaitre la valeur d'une bonne binouze accompagnée d'une blonde, perché sur une chaise de bar, et ils continueront aussi a rigoler pour rien, meme sans clope au bec, a la barbe des grincheux anti-fumeurs du dimanche qui se demandent, la tete entre les mains, de quelle nouvelle manière vont-ils pouvoir faire chier leur prochain...